Pourquoi doute-t-on si vite des compétences des autres ?
Dès que quelqu’un commet une faute, on le classe aussitôt parmi les « mauvais ». S’il ment, c’est pire encore. Mais à force de juger l’autre comme peu fiable, pourquoi ne cherche-t-on pas plutôt à le comprendre ?
D’où vient ce besoin constant de proclamer que l’on refuse de fréquenter des personnes « toxiques », tout en nous persuadant, nous-mêmes, d’être des personnes « irréprochables » ?
Nous sommes tous égaux… ou presque. Certains réussissent simplement mieux que d’autres à dissimuler leurs propres imperfections.
Paul Watzlawick nous rappelait déjà, en 1983, à quel point nous pouvons contribuer à construire notre propre malheur. Mais, curieusement, notre malheur est presque toujours attribué à l’autre. Pourquoi ?
Sommes-nous à ce point persuadés d’être des dieux ? Des êtres tellement puissants que nous ne pouvons jamais reconnaître nos propres erreurs ?
On affirme depuis longtemps que le bébé est une personne à part entière. Mais lorsqu’il s’agit de mettre réellement cette idée en pratique, il nous arrive encore de le traiter comme un simple objet à façonner, à corriger, à contrôler. Alors, finalement, sommes-nous capables de considérer l’autre comme une personne… ou seulement lorsque cela ne remet pas en question notre propre pouvoir ?
De quelle « race » descendons-nous ?
Nous descendons, nous montons, nous changeons. La vie continue.
Et pourtant, certains restent figés dans leurs certitudes, dans leur savoir, dans cette impression d’hyper-puissance qui donne le sentiment de tout comprendre et de tout maîtriser.
Mais tout change.
L’enfant d’aujourd’hui n’est peut-être pas « petit » comme nous aimons le penser. Il observe. Il comprend. Il ressent. Il voit parfois des choses que nous préférerions ne pas voir.
Peut-être qu’il représente justement quelque chose qui nous manque de plus en plus : l’authenticité.
Alors une autre question se pose : serons-nous tous, un jour, remplacés par des robots ?
Au moins, les machines ne commettent pas encore nos erreurs humaines. Elles ne blessent pas — volontairement ou non — pour défendre leur ego, leur position ou leur sentiment de supériorité.
Ça paraît étrange de le dire aujourd’hui.
Mais peut-être que c’est déjà en train de se produire.
Alors… réveillons-nous.
Sommes-nous vraiment certains que notre métier, notre savoir, notre expertise, notre place, ne pourront jamais être mieux assurés par une machine ?
Moi, je n’en suis pas si certaine.
Et peut-être que le plus inquiétant n’est même pas que les machines deviennent plus compétentes que nous.
C’est qu’elles puissent devenir… plus humaines dans leur manière de traiter les autres.