Qu’est-ce que nous jugeons réellement lorsque nous jugeons quelqu’un ?

Publié le 4 septembre 2026 à 20:26

Son image ?
Sa personnalité ?
Son comportement ?
Ses intentions ?
Ou simplement sa capacité à correspondre à nos propres normes ?

Une étude récente de Terukina-Sakihara et al. (2025), portant sur les traits de personnalité et le bien-être chez des étudiants péruviens, montre quelque chose de particulièrement intéressant : même à l’intérieur d’un même pays, les relations entre certains traits de personnalité et le bien-être peuvent varier selon les contextes culturels.

Alors, imaginons deux personnes ayant grandi dans deux pays différents, avec des histoires familiales, des valeurs, des rapports à l’autorité, à la famille, aux émotions, au conflit et à l’individu différents.

Pouvons-nous réellement interpréter leurs comportements avec exactement les mêmes lunettes ?

Une personne très conciliante peut être considérée comme empathique et respectueuse dans un contexte où l’harmonie du groupe est valorisée, mais comme manquant d’affirmation de soi dans un autre.

Une personne très directe peut être perçue comme honnête dans une culture où la franchise est valorisée, et comme agressive ou irrespectueuse dans une autre.

L’une peut penser :

« Si tu m’aimes, tu dois me dire ce que tu ressens. »

L’autre :

« Si je t’aime, je te le montre par ce que je fais. »

Qui a raison ?

Peut-être que la question n’est pas toujours de savoir qui a raison, mais de comprendre à partir de quel système de référence chacun pense avoir raison.

Cela ne signifie évidemment pas que tout comportement problématique peut être expliqué par la culture. Certaines attitudes restent blessantes, destructrices ou inacceptables.

Mais avant de transformer une différence en défaut, peut-être faudrait-il apprendre à observer davantage.

Parce qu’entre :

« Je constate quelque chose »

et

« Je sais qui tu es »

il y a un monde.

Et peut-être que nous avons oublié ce monde.

Source: Terukina-Sakihara et al. (2025), “Big Five Personality Traits as Predictors of Subjective Well-Being in Peruvian University Students: Cultural Differences”.