Un mirage...

Publié le 5 septembre 2026 à 12:25

Est-ce qu’on vit dans une illusion ? Un mirage…

C’est intéressant, un mirage, dans un désert. Quelqu’un qui a extrêmement soif peut commencer à voir des choses : de l’eau, un paysage, quelque chose qui semble bien réel. Il s’en approche… et puis, badaboum : il découvre que ce qu’il croyait voir n’était qu’un mirage.

Et si, finalement, nous vivions nous aussi dans une sorte de fantaisie, sans que personne ne nous ait jamais raconté toute la vérité ?

Pourquoi pas ?

Après tout, il est peut-être plus simple d’avoir des personnes qui ne questionnent pas, qui ne pensent pas trop, qui acceptent ce qu’on leur présente comme étant « la réalité ». Parce que dès qu’on commence à chercher, à comprendre, à remettre en question… cela peut devenir inconfortable. Et parfois même, profondément déstabilisant.

Un tableau est-il vraiment « un tableau » ?

Hokusai, avec La Grande Vague de Kanagawa, nous donne une belle illustration de cette question. Dans les Trente-six vues du mont Fuji, une même réalité peut être représentée depuis des points de vue différents, avec des cadrages, des perspectives et des interprétations qui transforment complètement notre manière de la percevoir.

Alors, qu’est-ce que vous voyez et qu’est-ce que vous croyez réellement être vrai ?

Peut-être faut-il apprendre à douter davantage.
Mais pas trop.

Parce que trop d’incertitude peut aussi nous paralyser.

Dans L’Aveuglement, José Saramago propose une expérience de pensée fascinante : que se passe-t-il lorsque tout un monde devient aveugle ? Celui qui voit dans un monde d’aveugles possède alors un pouvoir considérable.

Mais l’histoire nous rappelle aussi quelque chose d’essentiel : voir ne signifie pas nécessairement comprendre.

Et celui qui se croit roi, enfermé dans ses certitudes, peut finir par croire qu’il détient la réponse, qu’il sait mieux que les autres, qu’il est le seul capable de trouver la solution.

Finalement…

Rien n’est totalement certain.
Rien n’est absolument sûr.

Tout dépend peut-être, en partie, de notre perspective et de la « lunette » à travers laquelle nous regardons le monde — des lunettes parfois invisibles, mais bien réelles.

Et si vous êtes myope ou hypermétrope, vous le savez bien : le monde n’a pas changé… mais votre manière de le voir, oui.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas seulement :

« Qu’est-ce qui est vrai ? »

Mais aussi :

« Avec quelles lunettes suis-je en train de regarder ce que je crois être la réalité ? »