Combien de contradictions, de déceptions, de pertes ou de désillusions devons-nous traverser avant d’accepter de regarder la réalité autrement ?
Le déni n’est pas toujours un refus conscient de voir. Il peut être une protection : reconnaître certaines choses nous obligerait à remettre en question nos croyances, nos choix, nos loyautés, parfois même notre identité. Et il est souvent plus confortable de souffrir dans un système connu que d’affronter l’incertitude d’un changement nécessaire.
Mais pourquoi certains mettent-ils autant de temps à sortir du déni ? Parce que prendre conscience ne signifie pas encore être prêt à agir. Entre « je sais » et « j’accepte », il y a parfois un monde. Et entre « j’accepte » et « je change », parfois plusieurs années.
Le problème n’est pas de recevoir des claques. C’est de savoir ce que nous en faisons. Certaines nous rendent plus lucides ; d’autres nous rendent plus rigides. Certaines ouvrent une brèche ; d’autres renforcent nos défenses.
La véritable question n’est donc peut-être pas : « Combien de claques nous faudra-t-il ? », mais plutôt : « Qu’allons-nous continuer à nier tant que la réalité ne correspondra pas à ce que nous voudrions qu’elle soit ? »