Prenez soin de vos poubelles. Surtout de celles qu’on ne voit pas.

Publié le 28 septembre 2026 à 09:36

Prenez en charge vos poubelles. Triez, recyclez, débarrassez-vous de ce qui encombre votre espace. Et, comme dirait Marie Kondo, gardez ce qui "spark joy" : ce qui fait naître une étincelle de joie, de vie, de sens.
Mais au-delà de ce que nous accumulons chez nous, il y a tout ce que nous accumulons en nous, parfois sans même nous en rendre compte.
Nos frustrations, nos déceptions, nos colères, nos humiliations. Tous ces déchets émotionnels que nous ne savons pas toujours traiter et que, trop souvent, nous déposons sur quelqu’un d’autre. Un inconnu, un collègue, un enfant, un partenaire, un simple passant. N’importe qui, pourvu qu’il soit là au mauvais moment.
La poubelle la plus toxique n’est peut-être pas celle que nous remplissons, mais celle que nous faisons porter aux autres.
Et soyez attentifs à ceux que vous méprisez gratuitement. À ceux que vous ignorez parce que vous les croyez insignifiants. À ceux dont vous pensez qu’ils n’ont ni voix, ni pouvoir, ni importance.
Car celui que vous traitez aujourd’hui comme un moins que rien grandira. Il construira ses liens, choisira ses alliances, trouvera sa place. Et un jour, ce sera peut-être lui qui décidera avec qui il veut être. Et surtout, avec qui il ne veut plus l’être.
Le mépris est parfois un investissement désastreux : on croit diminuer l’autre, alors qu’on lui apprend simplement à vivre sans nous.
Alors, avant de déverser votre trop-plein sur quelqu’un, prenez le temps de regarder ce qui déborde réellement en vous. Votre colère appartient-elle à cette personne ? Votre frustration lui revient-elle vraiment ? Ou est-elle simplement la cible la plus accessible de vos propres déchets ?
Triez vos émotions. Recyclez vos expériences. Jetez ce qui vous empoisonne, mais ne transformez pas les autres en décharges publiques.
Et surtout, prenez soin de vos poubelles émotionnelles avant que leur contenu ne se pétrifie en vous, ne devienne rancœur, ne se transforme en mépris, puis en manière d’être au monde.
Parce qu'une poubelle qu'on refuse de vider finit toujours par déborder. Et ce sont rarement les murs qui en subissent les conséquences.