Il y a des personnes qui, lorsqu'elles accèdent à des responsabilités, ne grandissent pas avec elles. Elles rapetissent le collectif à la mesure de leur propre ego.
Le petit chef divise une équipe. Il oppose les uns aux autres, entretient les tensions et veille à ce que chacun reste à sa place : celle qu'il a lui-même définie. Il fait le minimum nécessaire, mais cultive soigneusement l'apparence de l'indispensable. Et pendant ce temps, il continue à gravir les échelons, parce qu'il a des « responsabilités ».
Il ne dit pas toujours les choses ouvertement. Il préfère les messages implicites, lancés devant tout le monde, suffisamment ambigus pour pouvoir être niés, mais suffisamment ciblés pour que chacun comprenne. Il se constitue des rapporteurs, surveille les conversations, recueille les informations. Il ne fait confiance à personne, tout en exigeant la confiance de tous.
Et il croit que personne ne remarque son petit jeu.
Ce jeu pourtant si enfantin, si prévisible, si profondément ancré dans une autre époque. Une époque où l'autorité se confondait avec la domination, où le silence était pris pour du respect et où la peur constituait un outil de management.
Mais grandis, petit chef.
Le monde a changé. L'ère des petits caïds qui imposent leurs lois par la peur devrait être derrière nous. Nous n'avons plus besoin de chefs archaïques qui se comportent comme s'ils régnaient sur un territoire, distribuant les bons points, les sanctions et les humiliations.
Nous avons besoin d'autre chose.
De personnes capables d'assumer leurs responsabilités sans écraser celles des autres. De personnes qui savent que l'autorité ne se décrète pas : elle se construit. Que le respect ne s'obtient pas par la crainte, mais par la cohérence, la confiance et la reconnaissance.
Nous avons besoin de personnes qui travaillent pour le bien commun, et non pour la préservation de leur petit pouvoir. Qui savent faire grandir une équipe au lieu de la maintenir dans la dépendance. Qui comprennent que leur fonction n'est pas de se rendre indispensables, mais de rendre les autres capables.
Car le véritable leadership ne consiste pas à faire taire les autres. Il consiste à créer les conditions dans lesquelles chacun peut contribuer, penser, agir et prendre sa place.
Alors, grandis, petit chef.
Et surtout, collectivement, cessons de laisser ce type de personnage occuper des places qu'il ne sait pas habiter.
Une responsabilité n'est pas un privilège de domination. C'est une obligation de respect.